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Ensemble pour la République : les tensions entre proches de Moïse Katumbi secouent le parti.

La formation politique de Moïse Katumbi traverse une période de turbulences internes. Un différend entre Olivier Kamitatu et Salomon Kalonda, deux figures de l’entourage de l’opposant congolais, a provoqué une série de prises de position, de sanctions disciplinaires et relancé le débat sur la cohésion d’Ensemble pour la République.

Alors qu’une réconciliation entre Olivier Kamitatu et Salomon Kalonda avait été annoncée à la fin du mois de juillet, les tensions n’ont pas complètement disparu. Le différend entre les deux proches collaborateurs de Moïse Katumbi s’est notamment prolongé sur les réseaux sociaux, où leurs soutiens respectifs ont multiplié les prises de position.

La controverse a pris une nouvelle dimension avec l’intervention publique d’Hervé Diakese, porte-parole d’Ensemble pour la République. Prenant ouvertement la défense d’Olivier Kamitatu, il l’a présenté comme « un général » et « l’âme même d’Ensemble », tout en qualifiant Salomon Kalonda d’« aide de camp ».

Hervé Diakese est allé plus loin en affirmant que toute personne qui manquerait de respect à Olivier Kamitatu, « y compris Moïse Katumbi », le trouverait sur son chemin. Des propos qui ont suscité des réactions au sein de la formation politique.

Hervé Diakese suspendu, Grâce Omari exclu

Face à cette escalade verbale, la direction d’Ensemble pour la République a décidé de sévir. Hervé Diakese a été suspendu de ses fonctions, tandis qu’un autre cadre du parti, Grâce Omari, a été définitivement exclu à la suite de publications considérées comme insultantes.

À travers ces décisions, la direction du parti entend imposer une politique de « tolérance zéro » face à l’indiscipline et aux attaques susceptibles d’alimenter les divisions internes.

Interrogé sur la situation lors d’un Space animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le secrétaire général d’Ensemble pour la République, Dieudonné Bolengetenge, a parlé d’un « malentendu aggravé » par les différentes prises de position diffusées sur les réseaux sociaux.

Cette lecture tend à présenter l’affaire comme un différend qui aurait pris une ampleur disproportionnée en raison de l’intervention de militants et de cadres proches des différents protagonistes.

Une crise qui ravive la question de la cohésion

Au-delà des sanctions disciplinaires, l’épisode remet cependant sur la table une question plus profonde : celle de la cohésion d’Ensemble pour la République.

Créé en 2019 à la suite de la fusion de plusieurs formations politiques, Ensemble devait permettre de réunir différentes sensibilités autour du leadership de Moïse Katumbi. Cette origine continue toutefois d’alimenter les interrogations sur l’intégration effective des anciens « partis souches » et des différentes personnalités qui composent la formation.

Ensemble compte 18 députés nationaux. En ajoutant les cinq élus d’Avançons-MS, formation alliée à Moïse Katumbi, la mouvance disposait d’au moins 23 députés nationaux au début de la législature.

Dans un contexte où une partie de la direction évolue en dehors du pays, les dernières tensions constituent ainsi un nouveau test pour le leadership de Moïse Katumbi et la capacité de son parti à préserver son unité.

La réconciliation annoncée entre Olivier Kamitatu et Salomon Kalonda pourrait avoir refermé leur différend personnel. Mais les réactions qu’il a provoquées montrent que ses conséquences politiques ne sont pas encore totalement dissipées.

Pour Ensemble pour la République, l’enjeu est désormais de contenir les divisions, de restaurer la discipline interne et d’éviter qu’une querelle entre cadres ne se transforme en fracture durable au sein de l’une des principales forces de l’opposition congolaise.

Olivier KAYUMBA

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