Kolwezi : le procureur général lance des consultations populaires.

Le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, a tenu ce jeudi 23 avril 2026 à Kolwezi des consultations populaires, marquées par une forte mobilisation des habitants. Plusieurs dossiers en souffrance ont été exposés, tandis que certains cas ont trouvé des solutions immédiates.
Une mobilisation exceptionnelle des justiciables
Il est 11 heures à Kolwezi. La tente dressée devant le parquet général n’a pas suffi à contenir la foule venue nombreuse. De nombreux citoyens ont dû rester debout durant plusieurs heures pour espérer exposer leurs préoccupations au procureur général.


Certains manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire :
« Justice pour le village Kamikungwa, dossier classé sans suite au parquet général »,
« Libération parcellaire village Mwilu Kidjata RN39 »,
ou encore « Justice pour le village Sakashala ».
Un message de fermeté et d’ouverture
À son arrivée, le procureur général a tenu à rassurer la population sur les objectifs de sa mission :
« Je suis venu ici depuis mardi. Trois jours avant, j’ai envoyé les magistrats Pascal Mukonkole et Mbaka Mapema pour une inspection dans chaque cabinet du parquet général afin d’examiner les dossiers. Des décisions ont déjà été prises. C’est dans ce cadre que nous nous sommes rendus à la prison de Dilala pour libérer une cinquantaine de détenus. Aujourd’hui, nous poursuivons dans le même élan. Toute personne ayant un problème avec le parquet est libre de s’exprimer, même pour dénoncer un magistrat, sans crainte. »
Des cas sensibles liés aux conflits fonciers
Parmi les nombreux dossiers exposés, plusieurs concernent des conflits fonciers impliquant des sociétés minières. Les habitants des villages Sakashala et Mwilu dénoncent notamment la démolition de leurs habitations sans respect des procédures légales.
Des témoignages poignants
Certains témoignages ont particulièrement retenu l’attention :
« J’ai été percuté par un véhicule de à Kapepa. J’ai perdu mes deux jambes. On m’avait promis une parcelle et 20 000 dollars, mais jusqu’à présent, rien. J’ai cinq enfants et je viens de perdre ma fille de 12 ans », a déclaré un habitant, visiblement bouleversé.
De son côté, Georges Amuri, représentant d’une organisation de défense des droits de l’homme, a dénoncé des violations répétées :
« L’article 34 de la Constitution protège la propriété privée. Pourtant, à Kolwezi, ce droit est bafoué. Plusieurs habitants, notamment à Mwilu, ISTM et Sakashala, ont vu leurs maisons détruites. Certains en sont même décédés de choc. Nous demandons que justice soit rendue et que les victimes soient rétablies dans leurs droits. »
Des décisions immédiates
Au cours de ces consultations, certaines décisions ont été prises sur-le-champ. Le cas d’une femme dont le mari était détenu injustement a été examiné, et le procureur général a ordonné sa libération immédiate.
D’autres dossiers ont été orientés vers les juridictions compétentes, notamment les tribunaux de paix de Kolwezi et de Manika, pour un traitement approfondi.
Un appel à la responsabilité des acteurs judiciaires
En conclusion, Firmin Mvonde a interpellé la conscience professionnelle des magistrats et des avocats, les appelant à plus de rigueur et d’intégrité dans l’exercice de leurs fonctions.
Initialement prévue à 10 heures, la séance a débuté à 14 heures pour s’achever vers 17 heures, témoignant de l’ampleur des attentes de la population en matière de justice.
Par Pascal BAYLON




