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Assemblée provinciale du Lualaba : le silence qui scandalise face à la détresse des déguerpis de Golf ISTM.

Le spectacle qui se déroule depuis plusieurs jours devant Assemblée provinciale du Lualaba est devenu une blessure ouverte au cœur de Kolwezi. Des femmes assises sur des nattes poussiéreuses, des enfants exposés au froid de la nuit, des hommes épuisés regardant désespérément les portes de l’hémicycle : voilà désormais le décor quotidien du parvis de l’institution censée représenter le peuple.

Après la démolition de leurs maisons dans la cellule Golf ISTM, ces familles n’ont plus rien. Plus de toit. Plus d’intimité. Plus de sécurité. Leur seul refuge reste aujourd’hui le béton froid situé devant les bureaux de ceux qui ont pourtant la mission de défendre les intérêts de la population.

Et pourtant, un silence assourdissant règne.

Photo de Wangu info

Ce vendredi, alors que les députés provinciaux tenaient leur plénière, beaucoup espéraient au moins une motion d’information, une déclaration officielle, un débat d’urgence ou un appel humanitaire en faveur de ces citoyens plongés dans la détresse. Mais rien, ou presque. Comme si la souffrance de ces familles était devenue un simple décor habituel.

Le plus révoltant reste peut-être cette proximité entre les élus et la misère. Chaque jour, des députés provinciaux et des membres du bureau passent devant ces déplacés. Ils voient les enfants dormir à même le sol. Ils croisent des mères sans couverture. Ils observent des familles exposées aux intempéries, aux moustiques et aux maladies. Mais malgré cette réalité visible à quelques mètres seulement de l’hémicycle, aucune réaction politique forte ne semble émerger.

Comment comprendre qu’une institution provinciale puisse poursuivre normalement ses activités pendant que des citoyens passent leurs nuits sur son propre parvis ?

Comment expliquer qu’aucune voix puissante ne se soit levée publiquement pour exiger des solutions urgentes ?

Pour plusieurs habitants, ce silence ressemble désormais à une forme d’indifférence institutionnelle. Une attitude qui alimente davantage la colère et le sentiment d’abandon chez les victimes du déguerpissement.

Car au-delà des maisons détruites, c’est aussi la dignité humaine qui semble aujourd’hui piétinée. Ces familles ne demandent pas un privilège. Elles réclament simplement d’être écoutées, protégées et considérées comme des citoyens à part entière.

Pendant ce temps, les nuits passent. Le froid s’installe. Les enfants continuent de dormir dehors sous le regard des institutions provinciales.

Et une question demeure : combien de temps encore faudra-t-il attendre avant que le cri de détresse de Golf ISTM traverse enfin les murs épais du pouvoir ?

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