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CAMI : plus de 32 millions USD reversés au Trésor public en 2024, un bond spectaculaire des recettes minières.

Le Cadastre Minier (CAMI), principal organe chargé de l’administration des titres miniers en République démocratique du Congo, a franchi un cap important dans la mobilisation des recettes publiques issues du secteur extractif.

En 2024, l’établissement public a reversé 32,4 millions de dollars américains au Trésor public, contre seulement 11 millions USD en 2023, soit une augmentation spectaculaire de plus de 21 millions de dollars en une seule année.

Cette progression témoigne d’une amélioration notable de la gouvernance minière dans un pays considéré comme l’un des plus riches au monde en minerais stratégiques, notamment le cobalt, le cuivre et le coltan.

Une audition au Sénat pour évaluer la gestion du CAMI

Ces chiffres ont été dévoilés lors d’une audition organisée vendredi dernier devant la Commission Économie, finances et bonne gouvernance (Ecofin) du Sénat.

À cette occasion, Popol Mabolia Yenga, Directeur Général du CAMI, ainsi que Crispin Mbindule, président du Conseil d’administration, ont présenté un bilan détaillé des activités de l’exercice 2024 ainsi que les perspectives de développement de cette institution stratégique.

Cette séance visait notamment à évaluer la gestion du CAMI, véritable porte d’entrée du secteur minier congolais, à travers l’octroi, le suivi et l’administration des titres miniers sur l’ensemble du territoire national.

Assainissement du cadastre : près de 50 000 km² récupérés

Les responsables du CAMI ont également mis en avant les avancées enregistrées dans l’assainissement du fichier cadastral minier.

Selon les données présentées devant les sénateurs, près de 50 000 kilomètres carrés de périmètres miniers ont été récupérés par l’État au cours des deux dernières années. Ces espaces, jusque-là inexploités ou attribués de manière irrégulière, pourront désormais être réaffectés dans un cadre plus transparent et plus conforme à la réglementation minière.

Les dirigeants du CAMI estiment que ces résultats découlent des réformes institutionnelles engagées sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi. Ils rappellent notamment que l’établissement dispose désormais, pour la première fois depuis 2003, de l’ensemble de ses organes de gestion pleinement opérationnels.

Modernisation des services entre 2025 et 2030

Dans la perspective de renforcer davantage la transparence et l’efficacité du système minier congolais, le CAMI prévoit une modernisation accélérée de ses services entre 2025 et 2030.

Parmi les priorités annoncées figurent :

  • la poursuite de la digitalisation des services ;
  • l’intégration de nouvelles technologies, notamment les drones, pour le suivi des périmètres miniers ;
  • le développement des solutions d’e-gouvernance ;
  • l’obtention de la certification ISO 9001 ;
  • ainsi que le renforcement de la contribution du CAMI aux initiatives stratégiques liées aux minerais critiques, notamment dans le cadre du partenariat RDC–États-Unis et du développement des chaînes de valeur minières.

Vers une gouvernance minière plus crédible

Ces avancées interviennent dans un contexte où la RDC cherche à maximiser les retombées économiques de ses ressources naturelles, tout en intensifiant la lutte contre l’exploitation illicite et les irrégularités dans le secteur minier.

À terme, cette dynamique pourrait contribuer à améliorer la transparence dans l’attribution des titres miniers, renforcer la crédibilité du système minier congolais et accroître l’attractivité du pays auprès des investisseurs internationaux.

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