Cancer du sein : « Un dépistage précoce sauve des vies », alerte le Dr Yvette Kadiadia.

Chaque année, le cancer du sein fait des milliers de victimes en Afrique, souvent faute d’un diagnostic à temps. Dans un entretien exclusif accordé à magletemps.com, le Dr Yvette Kadiadia rappelle que l’âge, l’hérédité et le mode de vie sont les principaux facteurs de risque, mais insiste surtout : détecté tôt, ce cancer se guérit presque toujours.
L’âge, premier facteur de risque
« Le premier facteur du risque du cancer du sein, c’est l’âge », explique le Dr Yvette Kadiadia « Vers 50 ans, les cellules mammaires qui ont longtemps été soumises aux hormones comme les œstrogènes peuvent subir des mutations et donner naissance à un cancer. »
À côté de l’âge, la médecin souligne également la prédisposition génétique et l’hérédité comme facteurs majeurs : « Une femme peut naître avec un code génétique qui la prédispose au cancer. Dans une famille où les cas existent déjà, le risque est encore plus élevé. »
Le mode de vie est aussi en cause : consommation excessive d’alcool, tabac et mauvaises habitudes alimentaires augmentent les risques.
Des signes à ne pas négliger
Pour le Dr Yvette Kadiadia , il est vital que les femmes connaissent bien leurs seins afin de détecter toute anomalie.
« Le premier signe, c’est la présence d’une boule dans le sein. Mais il peut aussi s’agir d’une tâche rougeâtre, d’un changement de forme, d’une peau qui prend l’aspect d’une peau d’orange, d’un écoulement anormal ou encore d’un mamelon qui se rétracte », détaille-t-elle.
Ces signes, insiste-t-elle, ne doivent jamais être banalisés : « Même si cela ne signifie pas toujours un cancer, ils doivent amener la femme à consulter sans attendre. »
Dépistage : un geste qui peut tout changer

« En matière de cancer, plus le diagnostic est fait tôt, plus les chances de guérison sont élevées », insiste le Dr Yvette Kadiadia
Le dépistage repose d’abord sur l’auto-examen dès l’âge de 20 ans. « Chaque femme doit observer et palper ses seins régulièrement », conseille-t-elle. Ensuite vient la palpation clinique par un médecin, tous les 3 à 5 ans à partir de 25 ans, puis chaque année dès 40 ans. Enfin, la mammographie et l’échographie complètent les outils de détection.
Des traitements disponibles mais coûteux
Concernant la prise en charge, le Dr Yvette Kadiadia explique :
« Le traitement dépend du type et du stade du cancer. Il peut s’agir d’une hormonothérapie, d’une chirurgie pour enlever la tumeur ou même d’une ablation complète du sein, parfois associée à la chimiothérapie ou à la radiothérapie. »
Si des médicaments sont déjà disponibles dans certaines villes comme Lubumbashi, leur accès reste limité. « Le véritable défi, c’est le coût des examens nécessaires au diagnostic, qui reste élevé pour beaucoup de familles », regrette-t-elle.
Clarification importante
Enfin, le Dr Yvette Kadiadia met en garde contre une idée reçue :
« L’autopalpation ne prévient pas le cancer du sein. Elle permet simplement de détecter tôt une anomalie. Mais c’est cette détection précoce qui fait toute la différence : un cancer diagnostiqué tôt est facile à traiter et offre un taux de guérison proche de 100 %. »




