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CAN et droits télé : l’exclusion des populations pauvres.

La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) est la plus grande compétition de football du continent africain. Elle se joue en Afrique, avec des joueurs africains, pour célébrer le talent et l’unité des peuples africains. Pourtant, la diffusion de la CAN échappe de plus en plus aux Africains eux-mêmes, en particulier aux populations les plus pauvres.

Une CAN africaine, mais une diffusion étrangère

Aujourd’hui, les droits télévisés de la CAN sont majoritairement détenus par de grandes chaînes internationales, souvent européennes. Ces médias diffusent les matchs à travers des abonnements payants, inaccessibles pour une grande partie de la population africaine.

Dans plusieurs pays, payer un abonnement Canal+ ou équivalent dépasse largement les moyens des familles déjà confrontées à la vie chère, au chômage et à la précarité.

Les pauvres exclus du football africain

Face à cette situation, les populations pauvres se tournent naturellement vers les médias locaux, radios et télévisions nationales ou communautaires. Ces médias, malgré des moyens limités, tentent de diffuser les matchs de la CAN afin de permettre au plus grand nombre de suivre cette compétition emblématique.

Mais au lieu d’être soutenus, ces médias locaux sont menacés, interdits de diffusion et parfois sanctionnés pour non-respect des droits télé. On leur exige le paiement de droits de diffusion qu’ils ne peuvent pas assumer financièrement.

Le droit télé : une nécessité, mais à quel prix social ?

Le droit télé, oui, il est légitime. Il permet de financer les compétitions et d’assurer leur organisation.
Mais une question demeure essentielle :

Que font les pays africains et les instances sportives pour garantir l’accès de leurs populations à la CAN ?

Peut-on accepter qu’une compétition censée unir l’Afrique devienne un luxe réservé à une minorité capable de payer ?

Une injustice sociale et culturelle

En excluant les pauvres de la diffusion de la CAN, on prive des millions d’Africains :

  • d’un moment de joie collective,
  • d’un symbole d’unité nationale,
  • d’un accès à leur propre culture sportive.

Le football africain a toujours été un vecteur de rassemblement social. Le transformer en produit de luxe revient à rompre ce lien historique entre le sport et le peuple.

À qui appartient réellement la CAN ?

La question reste posée :
La CAN appartient-elle aux investisseurs ou aux peuples africains ?

Tant que des solutions locales, publiques ou continentales ne seront pas mises en place pour une diffusion accessible, la CAN restera une fête incomplète, vécue par quelques-uns et rêvée par des millions d’autres.

Pour une CAN accessible à tous

La CAN doit rester :

  • africaine sur le terrain,
  • africaine à l’écran,
  • accessible aux riches comme aux pauvres.

Le football n’est pas un luxe.
C’est un langage universel, un facteur d’unité et un droit culturel pour les peuples africains.

Par Olivier KAYUMBA

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