
La pétition visant à destituer le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, s’enlise dans des scandales qui ternissent non seulement l’initiative, mais aussi l’image de l’institution parlementaire. Alors qu’elle est actuellement examinée par une commission temporaire, des révélations embarrassantes jettent le doute sur sa validité.
Des irrégularités troublantes
Le rapport provisoire fait état de plusieurs anomalies difficilement défendables. Un certain Mulumba Kanyinda, qui n’est même pas député, figure parmi les signataires. Plus grave encore, le nom du député Titan Kalonji Antoine apparaît sans aucune signature. La situation devient ubuesque avec le cas du député Jerry Mulamba Mande, dont la signature est reproduite deux fois sous des orthographes différentes, respectivement aux pages 9 et 18. Enfin, la commission a déjà identifié au moins 25 fausses signatures après comparaison avec les fiches officielles des députés établies en début de législature.
Un sérieux problème de crédibilité
Ces irrégularités ne sont pas de simples erreurs administratives : elles traduisent une légèreté inquiétante dans la manière dont cette pétition a été montée. Comment une initiative censée refléter la volonté des élus peut-elle reposer sur des signatures douteuses, voire usurpées ? Cette légèreté compromet non seulement la démarche, mais fragilise l’Assemblée nationale, censée être le temple de la démocratie.
Une instrumentalisation politique ?
La question qui se pose est désormais de savoir si cette pétition n’est pas moins un outil de règlement de comptes politiques qu’une réelle expression de mécontentement parlementaire. À défaut de preuves solides et d’une procédure rigoureuse, les commanditaires s’exposent à un retour de flamme : l’opinion publique risque de voir dans cette manœuvre une tentative de fragiliser Kamerhe par des moyens illégitimes.
L’urgence d’un assainissement
Cette affaire illustre une dérive plus profonde : la banalisation des pratiques douteuses dans un Parlement qui devrait être exemplaire. Tant que les initiatives parlementaires ne seront pas encadrées par une transparence stricte et des mécanismes de vérification fiables, chaque pétition, chaque motion risquera de se transformer en farce politique.







