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RDC : La peine de mort requise contre l’ancien président Joseph Kabila à la Haute Cour Militaire

Le procès historique de l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, a franchi une étape décisive ce vendredi à Kinshasa. L’auditeur général des Forces armées, Lucien-René Likulia Bakumi, a requis la peine de mort à son encontre devant la Haute Cour militaire.

Un réquisitoire lourd de charges

Au cours de cette audience, le ministère public a dressé un long inventaire des infractions imputées à Joseph Kabila, aujourd’hui sénateur à vie. Parmi elles figurent des crimes de guerre, crimes contre la paix, trahison, complot et organisation d’un mouvement insurrectionnel, en lien notamment avec le mouvement rebelle AFC/M23.

« Requérons : qu’il plaise à la Haute cour militaire de dire établi en faits comme en droit, les préventions de crime de guerre, d’apologie ou de propagande d’actes terroristes et de crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, de trahison, de complot et d’organisation d’un mouvement insurrectionnel, mise à charge du Prévenu Joseph Kabila Kabange, sénateur à vie. (…) De le condamner en conséquence (…) à la peine de mort. »
Dit Lucien-René Likulia Bakumi, Auditeur général des FARDC

Selon l’accusation, Joseph Kabila est responsable de violations graves des droits humains, allant de l’homicide intentionnel au viol, en passant par la déportation, la torture et l’attaque de biens protégés.

L’adhésion de la partie civile

Les avocats représentant la République démocratique du Congo ont soutenu ce réquisitoire, qu’ils considèrent comme conforme aux attentes des victimes et du peuple congolais.

« Toutes les parties civiles sont d’accord avec le réquisitoire, sauf sur certains points. (…) Nous nous sommes mis d’accord, notre allié le ministère public et nous-mêmes, et l’affaire est prise en délibéré. Nous attendons ce que la Haute Cour réservera comme arrêt. » selon Me Richard Bondo, avocat de la République

La partie civile espère désormais un verdict qualifié d’historique et exemplaire.

Un contexte sensible

Ce procès intervient dans un climat particulier. Après plus de vingt ans de moratoire, la peine de mort a été rétablie en RDC en 2024, bien que son application reste controversée et dénoncée par plusieurs organisations de défense des droits humains. À ce jour, aucune exécution n’a encore eu lieu depuis la levée de ce moratoire.

Il faut noter que Joseph Kabila, ses proches et son équipe de défense ne se sont jamais présentés aux audiences depuis l’ouverture de la procédure.

Prochaine étape

La Haute Cour militaire a pris l’affaire en délibéré et promet de rendre son arrêt dans les délais légaux.

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