
Pendant plusieurs années, Jacques Kyabula incarnait l’une des figures les plus influentes du Haut-Katanga voire de la République démocratique du Congo. Gouverneur réélu, président de l’ARDEV, patron du FC Saint-Éloi Lupopo et considéré par le président Félix Tshisekedi comme l’un de ses « meilleurs élèves », il semblait politiquement inébranlable. Un an plus tard, son destin politique a radicalement changé.
Ce mardi 28 juillet 2026 marque exactement une année depuis son arrivée à Kinshasa, où il avait été convoqué par le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, après un discours controversé prononcé lors d’un meeting à l’esplanade du bâtiment du 30 juin à #Lubumbashi. Depuis cette date, Jacques Kyabula Katwe n’a jamais retrouvé son fauteuil de gouverneur du #Haut_Katanga.
Les premiers signes de cette crise étaient pourtant visibles. Après près de dix jours d’absence, il réapparaît le 23 juillet 2025 sous escorte policière jusqu’à sa résidence au quartier Golf Météo à Lubumbashi. Le lendemain, militants de l’ARDEV et supporters de Lupopo s’y rassemblent massivement pour lui témoigner leur soutien. Officiellement, son entourage évoquait un traitement médical. Jacques Kyabula se contente de saluer la foule sans prononcer le moindre mot. Ce silence, qui se voulait sans doute stratégique, laissera place à toutes les spéculations.
Quelques semaines plus tard, le 31 juillet 2025, dans une lettre signée par Thomas Lupata, des députés provinciaux du Haut-Katanga de l’Union sacrée, logés à Kinshasa, tentent, sans succès, d’obtenir une audience auprès du président Félix Tshisekedi afin de plaider sa cause. Cette démarche révèle déjà que le dossier dépasse largement le cadre provincial et se joue désormais dans les cercles du pouvoir à Kinshasa.
Sa réapparition au deuxième congrès de l’Union sacrée, le 31 août 2025, nourrit un bref espoir. Mais l’image qui restera est celle de son absence sur la photo officielle de famille. Pour de nombreux observateurs, ce détail était loin d’être anodin. Il traduisait un affaiblissement progressif de son poids politique au sein de la majorité présidentielle.
Le 25 octobre 2025, Jacques Kyabula rompt finalement le silence. Dans une interview accordée à Télé Chat, il accuse Dany Banza Maloba d’être à l’origine d’une campagne visant à le déstabiliser. Cette sortie médiatique, très commentée, est diversement interprétée. Certains y voient une tentative de contre-offensive politique, d’autres estiment qu’elle a davantage isolé le gouverneur qu’elle ne l’a renforcé. Un jour après, le sénateur Danny Kabongo affirme publiquement que Jacques Kyabula ne reviendra pas au Haut-Katanga comme gouverneur. Une déclaration qui, avec le recul, prendra une dimension particulière.
Pendant ce temps, le pouvoir continue de se réorganiser sans lui. Les mois passent. Martin Kazembe assure l’intérim à la tête de la province et change complètement les membres du gouvernement provincial du Haut-Katanga, quelques jours après avoir été reçu à Kinshasa par le chef de l’État. En mars 2026, André Mbata installe officiellement ce dernier comme président provincial de l’Union sacrée au Haut-Katanga. Ce geste politique est largement perçu comme un tournant majeur. L’équilibre des forces change définitivement.
Le 28 mars 2026, dans notre éditorial intitulé « Haut-Katanga : le faux mariage politique entre Kyabula et Kazembe a fini par exploser », nous soutenions que leur alliance relevait davantage d’une cohabitation politique que d’une véritable communauté de vision. Les événements qui ont suivi semblent avoir confirmé cette lecture. Les divergences, longtemps contenues, ont fini par éclater au grand jour.




