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Marché Muyej : occupation illégale ou projet de modernisation ?

À Kolwezi, les marchands exerçant au marché Muyej disent vivre dans l’incertitude. Mercredi, ils ont été surpris par le début des travaux de clôture du site, sans préavis officiel ni explication claire des autorités.

Selon plusieurs vendeurs rencontrés sur place, des sujets indiens, accompagnés de militaires, auraient procédé à la pose de tôles métalliques autour du marché. Cette opération a provoqué l’inquiétude de plusieurs familles qui dépendent directement de cette activité commerciale.

Maman Astrid, vendeuse de légumes depuis la création du marché, dit ne pas savoir où aller. Veuve et mère de cinq enfants, elle affirme vivre grâce à son petit commerce et à un salon de coiffure installé devant le marché.

« Je paie la maison et je scolarise mes enfants grâce à ce travail. Maintenant, si on nous demande de partir, nous irons où ? Nous demandons aux autorités d’avoir un cœur », a-t-elle déclaré.

D’autres vendeurs demandent également aux autorités de leur indiquer un nouvel espace où ils pourront poursuivre leurs activités en toute tranquillité.

Pour l’instant, ni le secrétaire ni le président du marché ne disent connaître les raisons exactes de cette opération. Un groupe de vendeurs s’est rendu au gouvernorat de province pour obtenir des explications. Ils affirment avoir été orientés vers le ministère provincial des Infrastructures, sans obtenir de réponse claire.

Sur place, plusieurs questions restent sans réponse : qui a autorisé la clôture du marché ? S’agit-il d’une occupation jugée illégale ou d’un projet de modernisation ?

Selon certaines sources locales, le gouvernement provincial envisagerait de moderniser ce site. Mais jusqu’à présent, aucune communication officielle n’a été faite pour rassurer les marchands ou expliquer les contours du projet.

Après les polémiques autour d’autres espaces publics à Kolwezi, le dossier du marché Muyej vient relancer le débat sur la gestion du foncier, la modernisation urbaine et la protection des petits commerçants au Lualaba.

Par Pascal BAYLON

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