Kolwezi : 10.000 creuseurs de Tshipuki face à la fermeture imminente du site minier.

La situation se tend dans le secteur minier artisanal de Kolwezi. Plus de 10.000 creuseurs opérant sur le site de Tshipuki, dans la zone de Nyoka (PE 14051), se retrouvent au cœur d’une crise après la demande officielle de fermeture du site formulée par la Compagnie Minière de Tondo (CMT SAS).
Entre droits miniers, délocalisation et risque social majeur, l’avenir des exploitants artisanaux apparaît incertain.
La CMT SAS exige la cessation immédiate de l’exploitation artisanale
Dans une correspondance adressée au président de la coopérative MAENDELEO, la CMT SAS rappelle être le titulaire légal du permis d’exploitation PE 14051, couvrant notamment le site de Nyoka, où se trouvent les zones dites Tshipukiet Golf Tshabula.
La société indique que :
- le processus de délocalisation des habitants et exploitants est déjà “suffisamment avancé”,
- les activités artisanales doivent cesser immédiatement,
- toute exploitation menée à l’encontre de cette directive sera réprimée selon le Code minier congolais.
Elle demande à la coopérative MAENDELEO de sensibiliser les creuseurs afin qu’ils respectent cette décision et s’alignent sur le programme de délocalisation en cours.
MADINI tire la sonnette d’alarme : “Où allons-nous conduire 10.000 creuseurs ?”

Face à cette décision, la coopérative MADINI, qui encadre des milliers de creuseurs dans la zone, exprime une profonde préoccupation.
Sa réaction est sans équivoque :
« Nous encadrons plus de 10.000 creuseurs. Où allons-nous les conduire ? Nous n’avons aucune Zone d’Exploitation Artisanale (ZEA) disponible. Que l’État intervienne pour éviter que ces creuseurs ne tombent dans le chômage. »
Pour MADINI, la fermeture du site sans alternative immédiate met en danger :
- l’emploi de milliers de jeunes,
- le revenu de nombreuses familles,
- la stabilité sociale dans la ville de Kolwezi.
Un problème récurrent : manque de ZEA et occupations de titres miniers
La crise autour du site de Tshipuki met en lumière des difficultés déjà connues dans le secteur minier artisanal du Lualaba :
1. Absence de ZEA pour absorber les creuseurs
De nombreuses coopératives artisanales réclament depuis des années la création de nouvelles zones légales d’exploitation. Peu ont été effectivement mises en place.
2. Occupation de titres privés par des exploitants artisanaux
Faute d’espaces légaux, des milliers de creuseurs travaillent sur des concessions privées, créant régulièrement des conflits avec les entreprises titulaires.
3. Risques économiques et sociaux
Chaque fermeture non accompagnée de mesures d’encadrement entraîne :
- chômage massif,
- insécurité,
- hausse de la pauvreté,
- tensions entre communautés et sociétés minières.
Par Olivier KAYUMBA




