
À quelques jours de la rentrée scolaire, la ville de Kolwezi présente un spectacle insoutenable. Des dizaines d’enfants mineurs, livrés à eux-mêmes, errent dans les rues, sans toit, sans protection, et surtout sans aucune attention des autorités de la ville. Le jour, ils mendient devant les bars, bistrots et supermarchés ; la nuit, ils se réfugient dans les endroits commerciaux les plus fréquentés pour y passer la nuit.
Rencontrés devant un supermarché, certains avouent consommer des produits hautement toxiques — essence mélangée à de la colle, chanvre et autres substances. « Nous consommons pour avoir de la force et pour ne pas avoir mal à la hanche », explique l’un d’eux, le regard perdu. Derrière ces paroles, c’est la réalité d’une génération sacrifiée qui se dessine : des enfants abandonnés, cherchant à anesthésier leur misère avec des drogues mortelles.
Une tragédie sous les fenêtres de la mairie
Ce qui choque davantage, c’est que ces scènes se déroulent au vu et au su des décideurs. Ces enfants circulent quotidiennement devant la mairie de Kolwezi, parfois à quelques mètres seulement du bureau du maire et de son adjoint. Plus grave encore, certains passent la nuit sur la tribune du boulevard Laurent-Désiré Kabila, à moins de deux cent mètres de l’hôtel de ville.
Comment comprendre qu’une telle réalité soit tolérée à quelques pas du siège de l’autorité urbaine ? Comment expliquer que ni le maire, ni son adjoint, ni les services attitrés n’aient pris la moindre mesure pour soustraire ces enfants de la rue ?
La ministre provinciale pointée du doigt ?
La ministre provinciale du Lualaba en charge de l’Éducation, du Genre, de la Famille et des Enfants, première responsable de la protection des mineurs, est également interpellée. Alors que ces enfants devraient préparer la rentrée scolaire, elle demeure silencieuse. Comment justifier son inaction quand, chaque jour, des mineurs inhalent de l’essence et de la colle en plein centre-ville ?
L’urgence d’une réponse politique
L’existence de ces enfants drogués et sans abris à seulement 100 mètres de la mairie est plus qu’un scandale : c’est un aveu d’échec. Échec d’une ville incapable d’assurer un minimum d’encadrement à ses enfants.
À Kolwezi, les autorités n’ont plus d’excuse. Ces enfants ne sont pas invisibles. Ils mendient, inhalent, dorment et survivent sous leurs yeux. Ne rien faire, c’est accepter d’enterrer leur avenir et de transformer Kolwezi en capitale de l’indifférence envers ses enfants.




