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Lualaba : Plusieurs morts dans une mine artisanale — témoignages bouleversants

Le site minier de Kalando, situé à environ 42 kilomètres au sud-est de Kolwezi, dans le territoire de Mutshatsha, a été le théâtre d’une tragédie ce samedi matin. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, un pont de fortune surplombant une tranchée aurait cédé sous la pression d’une foule d’exploitants miniers artisanaux (EMA), provoquant la mort d’une trentaine de personnes.

« On a entendu des coups de feu, tout le monde a couru »

Des exploitants présents au moment du drame racontent avoir été surpris par un mouvement de panique déclenché après des tirs entendus autour du site.
« On a entendu des coups de feu et les gens ont commencé à courir dans tous les sens », raconte un témoin. Pris de panique, des dizaines d’EMA se sont précipités vers le pont improvisé qui servait à franchir la tranchée délimitant la zone d’exploitation.

Sous la pression, l’ouvrage artisanal a cédé. Les exploitants se sont alors entassés les uns sur les autres, chutant dans la tranchée et provoquant une scène de chaos total.

Un pont fragile dans une exploitation semi-industrielle

Les habitants du village Mulondo expliquent que la tranchée avait été creusée par un opérateur minier collaborant avec un partenaire chinois pour délimiter la zone et contrôler les accès.
« Ce pont, tout le monde savait qu’il était fragile, mais c’était le seul moyen de passer », confie un autre exploitant.

Les témoins rapportent que les EMA ne sont autorisés à accéder au site que les samedis et dimanches, ce qui crée un afflux massif et une pression inhabituelle à chaque ouverture.

Un site sous tension et la présence d’hommes armés

Plusieurs creuseurs affirment que le site est régulièrement gardé par des hommes armés, qui n’hésitent pas à disperser les artisans miniers lorsque les tensions montent.
« On travaille dans la peur. Quand les militaires tirent en l’air, tout le monde panique », témoigne un jeune EMA.

Des membres de la coopérative locale COMIKAM et des exploitants affirment avoir été plusieurs fois expulsés du site, accusant des groupes armés de sécuriser les intérêts d’un partenaire chinois actif dans la zone.

Les autorités appelées à agir

Les équipes techniques dépêchées sur place tentent encore d’établir un bilan officiel, mais les témoignages convergent vers une trentaine de morts.

Un drame révélateur d’un secteur artisanal vulnérable

Pour plusieurs témoins, cette tragédie aurait pu être évitée.
« Si le site était bien organisé, si les gens ne devaient pas fuir les coups de feu, ce pont ne serait jamais tombé », déplore un rescapé.

L’accident de Kalando expose une fois de plus les graves failles de sécurité entourant l’exploitation artisanale du cobalt dans le Lualaba, et relance un appel urgent à la réforme et à la protection des millions de Congolais qui dépendent de ce secteur.

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