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VIH/Sida au Lualaba : pourquoi la lutte reste-t-elle si difficile ?

La province du Lualaba, en République démocratique du Congo, fait face à une situation particulière dans la lutte contre le VIH/SIDA, influencée par son environnement urbain et minier. Selon les dernières estimations, la prévalence du VIH au Lualaba est de 1,5 %, un taux relativement stable mais qui demeure préoccupant en raison de la forte mobilité de la population et du dynamisme économique de la région.

Prévalence et nouvelles infections : où en est le Lualaba ?

En 2024, les services de santé ont enregistré 1 287 nouvelles infections au VIH dans la province. Ces chiffres montrent que, malgré les efforts des équipes de prévention et des partenaires, les nouvelles infections persistent.
Pour l’année 2025, les données consolidées sont encore en attente de validation, ce qui permettra d’obtenir un panorama actualisé de l’évolution épidémiologique.

La présence d’un important flux de travailleurs miniers, la circulation intense entre provinces et pays voisins, ainsi que l’étalement urbain, constituent des facteurs majeurs dans la transmission du VIH au Lualaba.

Impact de la rupture des financements internationaux : un tournant dans la réponse locale

Depuis la suspension des financements du PEPFAR et de l’USAID sous la présidence de Donald Trump, la riposte VIH au Lualaba connaît des difficultés majeures. Cette rupture a entraîné :

  • un manque d’intrants (préservatifs, kits de dépistage, ARV) ;
  • une réduction des moyens pour les organisations communautaires ;
  • un ralentissement des activités de sensibilisation ;
  • des défis dans la collecte et la fiabilité des données.

Face à cette situation, le PNMLS Lualaba a initié un Partenariat Public-Privé (PPP), coordonné au sein du Cadre de Concertation Multisectoriel de Lutte contre le VIH/SIDA Lualaba. L’objectif principal est de mobiliser un financement domestique pour assurer durablement la continuité des actions sur le terrain.

Cette dynamique complète également l’Initiative présidentielle pour éliminer le VIH pédiatrique, qui vise à réduire drastiquement les nouvelles infections chez les enfants.

PNMLS Lualaba : une approche multisectorielle au cœur de la stratégie

Le PNMLS, de par son caractère multisectoriel, travaille en collaboration étroite avec :

  • les ONG et organisations de la société civile,
  • les entreprises publiques et privées,
  • les structures étatiques impliquées dans la santé communautaire.

Ces acteurs ont pour obligation de transmettre leurs rapports d’activités VIH afin d’assurer un suivi rigoureux et une coordination optimale de la riposte dans leurs domaines respectifs.

Des défis persistants : logistique, intrants et moyens financiers

La mise en œuvre du Plan de Travail Annuel (PTA) se heurte souvent à plusieurs obstacles :

  • pénurie d’intrants essentiels ;
  • manque de moyens financiers pour couvrir les activités planifiées ;
  • défis logistiques (transport, communication, matériel) ;
  • difficultés pour déployer toutes les initiatives prévues dans les zones rurales et minières.

Malgré cet engagement, la lutte contre le VIH/SIDA au Lualaba reste fortement dépendante de la capacité à mobiliser des ressources nationales et locales.

Objectif 2030 : une RDC sans Sida

Le Lualaba s’aligne sur les objectifs nationaux du PNMLS/RDC, qui visent à atteindre une RDC sans Sida d’ici 2030. Pour y parvenir, la population est appelée à :

  • adopter les mesures préventives : abstinence, fidélité, utilisation correcte du préservatif ;
  • encourager la sensibilisation dans les familles, écoles, milieux professionnels et communautés ;
  • se faire dépister régulièrement ;
  • soutenir les initiatives communautaires qui participent à réduire les nouvelles infections.

Vers un Fonds domestique de lutte contre le VIH/SIDA au Lualaba

Pour réduire la dépendance vis-à-vis des financements étrangers, la province ambitionne de créer un Fonds domestique provincial de lutte contre le VIH/SIDA. Ce mécanisme permettra de :

  • financer les activités prioritaires ;
  • renforcer les capacités des organisations engagées dans la riposte ;
  • assurer l’approvisionnement régulier en intrants ;
  • soutenir les plans communautaires de prévention et de prise en charge.

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