CHEMAF annonce l’arrêt de la production de cathodes de cuivre : plus de 3 000 emplois menacés

La société minière CHEMAF, opérant à Lubumbashi et Kolwezi, a annoncé son intention de cesser la production de cathodes de cuivre d’ici fin novembre 2025. Cette décision, révélée dans un courrier électronique, est attribuée à l’absence d’accord avec un nouvel investisseur dans le cadre du processus de vente de l’entreprise.
Selon le président du conseil d’administration, Shiraz Virj, l’entreprise cherche un repreneur depuis août 2023.
« Bien qu’un investisseur potentiel ait été identifié, la transaction proposée n’a pas obtenu les autorisations réglementaires requises en mars 2025. Nous poursuivons les efforts pour conclure un accord avec un nouvel investisseur. Mais si aucun ne se positionne, CHEMAF sera contrainte de cesser la production ainsi que toutes les opérations associées », a-t-il déclaré.
Une inquiétude grandissante parmi les travailleurs
Cette annonce a provoqué un profond désarroi parmi les plus de 3 000 travailleurs de l’entreprise. La crainte d’un arrêt définitif des activités fait planer le spectre du chômage de masse dans une région déjà fragilisée par la dépendance au secteur minier.
Face à cette menace, une délégation syndicale séjourne actuellement à Kinshasa pour poursuivre les discussions avec les autorités compétentes. Elle espère obtenir une issue favorable afin de préserver les emplois et maintenir la paix sociale.
Juresse Lokosha, délégué syndical permanent, s’est voulu rassurant :
« Nous restons confiants quant à une solution. Notre objectif est de sauvegarder les emplois, garantir la dignité des familles et préserver la stabilité sociale. »
Rencontre avec le ministre des Mines
La délégation syndicale a rencontré le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, pour l’alerter sur la gravité de la situation. Au cours de cette audience, les syndicalistes ont exposé les inquiétudes des travailleurs et souligné les conséquences dramatiques qu’entraînerait une fermeture de CHEMAF.
Le ministre a pris l’engagement de travailler aux côtés des parties prenantes afin de trouver une solution rapide. Une démarche saluée par les syndicats, qui y voient un signe encourageant pour l’avenir.
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Un test pour le gouvernement
Le sort de CHEMAF représente désormais un test majeur pour le gouvernement congolais, appelé à faciliter le processus de vente des actions et à protéger les emplois menacés. L’issue de ce dossier sera déterminante, non seulement pour les travailleurs et leurs familles, mais également pour la stabilité sociale et économique des provinces minières.




