Exploitation illégale sur le site de Metalkol : JUSTICIA réclame des poursuites exemplaires contre les auteurs présumés du pillage.

L’organisation de défense des droits humains JUSTICIA Asbl appelle les autorités congolaises à aller jusqu’au bout dans le dossier de l’exploitation présumée illégale d’une partie de la concession minière de Metalkol SA, dans la province du Lualaba. Dans un communiqué publié le 10 juin 2026, l’organisation encourage le gouvernement à démanteler les réseaux impliqués, à sanctionner les responsables et à garantir le respect de l’État de droit dans le secteur minier.
Selon JUSTICIA, la coopérative Hosanna aurait exploité depuis février 2026 une partie du permis d’exploitation n°652 appartenant à Metalkol SA, filiale du groupe Eurasian Resources Group (ERG), sous couvert d’une opération de curage de la rivière Musonoi.
L’organisation estime que les activités menées sur le site dépassaient largement le cadre d’un simple curage. Elle souligne notamment l’importance des moyens matériels mobilisés. D’après le communiqué, plus de 131 engins lourds, dont 77 camions, des excavatrices, des chargeuses et divers équipements industriels, ont été saisis par le parquet général de Kolwezi lors des opérations de rétablissement de l’ordre.
Pour JUSTICIA, la valeur de ces équipements, estimée à plusieurs millions de dollars américains, ainsi que leur nature industrielle, soulèvent des interrogations sur les véritables objectifs poursuivis sur le site.
Une intervention des autorités nationales
Face à cette situation, les autorités congolaises ont entrepris plusieurs actions. Le 22 mai 2026, une mission conjointe de la Maison Militaire du Président de la République et de l’Inspectorat général des FARDC s’est rendue sur le périmètre concerné afin de restaurer la sécurité et de remettre le site sous le contrôle de Metalkol SA.
JUSTICIA salue cette intervention qu’elle considère comme une réponse nécessaire à ce qu’elle qualifie de pillage des ressources minières. L’organisation estime que cette opération a permis de mettre fin à plusieurs mois d’activités menées en dehors du cadre légal.
Le communiqué affirme également que les minerais extraits du site auraient été transportés vers des unités de traitement identifiées comme appartenant à des opérateurs chinois.
Des autorisations contestées
La coopérative Hosanna soutiendrait avoir agi sur base de documents qu’elle considère comme des autorisations lui permettant d’effectuer des travaux de curage de la rivière Musonoi.
Cependant, JUSTICIA affirme qu’aucune des autorités citées dans ces documents, notamment le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, l’Agence congolaise de l’environnement ou encore l’Inspecteur général des FARDC, ne dispose légalement de la compétence d’octroyer une autorisation d’exploitation minière.
L’organisation rappelle par ailleurs que, selon un article publié récemment par l’agence Bloomberg, les autorités concernées auraient elles-mêmes rejeté toute responsabilité dans la délivrance de telles autorisations.
Une tentative d’entrave à la justice dénoncée
JUSTICIA revient également sur les événements survenus le 5 juin 2026 aux abords du site de Metalkol.
Selon l’organisation, alors qu’une descente du parquet général du Lualaba était annoncée pour effectuer des constatations, un groupe de militaires se serait introduit sur le périmètre minier afin de récupérer de force les engins déjà saisis et placés sous scellés par la justice.
Le communiqué évoque l’arrestation de plusieurs militaires chargés de la garde des équipements et considère cette intervention comme une tentative d’entrave à une procédure judiciaire en cours.
Pour JUSTICIA, ces incidents démontrent l’existence de réseaux cherchant à empêcher l’aboutissement des enquêtes et à protéger les bénéficiaires des activités illégales menées sur la concession.
Un procès réclamé pour restaurer l’autorité de l’État
Le président de JUSTICIA Asbl, Maître Timothée Mbuya, estime qu’il est désormais indispensable que la justice organise un procès exemplaire afin d’établir les responsabilités de toutes les personnes impliquées.
Selon lui, une telle procédure permettrait non seulement de rétablir Metalkol SA dans ses droits, mais également d’envoyer un signal fort aux opérateurs économiques, aux investisseurs et aux communautés locales sur la volonté des autorités de protéger les concessions minières contre toute exploitation illégale.
L’organisation rappelle également que Metalkol SA est certifiée Copper Mark, une norme internationale qui promeut les bonnes pratiques dans l’industrie minière.
Les recommandations de JUSTICIA
À l’issue de son analyse, JUSTICIA formule plusieurs recommandations.
L’organisation demande au Président de la République de veiller à l’application stricte des décisions prises par les autorités compétentes pour renforcer la sécurité des sites miniers et améliorer le climat des affaires.
Elle invite également le ministre des Mines à prendre des sanctions contre la coopérative Hosanna pour violation des conditions de son agrément.
Au parquet général du Lualaba, JUSTICIA recommande d’accélérer la procédure judiciaire afin que les auteurs présumés soient rapidement traduits devant les juridictions compétentes.
Enfin, l’organisation appelle l’Auditorat militaire général du Haut-Katanga à poursuivre toute personne ayant instrumentalisé des éléments des FARDC dans le but de récupérer les engins placés sous scellés par la justice.
Pour JUSTICIA, l’issue de cette affaire constituera un test majeur pour la crédibilité des institutions congolaises dans la lutte contre l’exploitation minière illégale et dans la protection des investissements réalisés dans le secteur extractif.




