Lualaba : les creuseurs artisanaux victimes d’un système d’escroquerie dans les comptoirs d’achat.

Dans les zones d’exploitation minière artisanale du Lualaba, les creuseurs dénoncent des pratiques qu’ils qualifient d’injustes et préjudiciables à leurs revenus. Au centre des accusations : certains comptoirs d’achat, dont une grande partie est exploitée par des opérateurs chinois, soupçonnés d’instaurer un système opaque défavorable aux exploitants artisanaux.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur les sites miniers, les opérations de pesage suscitent de nombreuses interrogations. Les balances utilisées ne refléteraient pas toujours le poids réel des minerais livrés, alimentant un climat de méfiance persistant.
À cela s’ajoute la question de la teneur, élément clé dans la fixation des prix. Faute d’équipements de vérification indépendants, les creuseurs sont contraints de se fier aux analyses réalisées par les acheteurs eux-mêmes, souvent sans possibilité de contre-expertise.

Mais le point le plus décrié reste le mode de paiement. Dans plusieurs cas, les acheteurs rémunèrent uniquement la présence de cuivre ou de cobalt, ignorant d’autres minerais présents dans les roches, notamment le zinc, le nickel ou encore le fer. Ces éléments, bien que détectés, ne font l’objet d’aucune compensation financière.
Des analyses réalisées par certaines entreprises spécialisées confirment pourtant la présence de ces minerais dits “associés”. Une réalité qui met en évidence un manque à gagner considérable pour les creuseurs, souvent peu informés de la valeur réelle de leur production.
Dans ce contexte, le déséquilibre entre les acteurs est manifeste : d’un côté, des creuseurs artisanaux faiblement équipés et peu encadrés ; de l’autre, des comptoirs structurés, majoritairement détenus par des opérateurs étrangers, notamment chinois, disposant des moyens techniques et commerciaux.
Face à cette situation, plusieurs voix s’élèvent pour appeler à un renforcement de la régulation du secteur. Transparence dans le pesage, accès à des analyses indépendantes, meilleure traçabilité et encadrement des comptoirs figurent parmi les mesures jugées urgentes.
Dans une province riche en ressources naturelles, la question de la justice économique et de la protection des creuseurs artisanaux demeure plus que jamais d’actualité.
Par Olivier KAYUMBA



