SOCIETE
A la Une

KBM 2026 : Le FONAREV appelle le secteur privé à soutenir la réparation des victimes

Au Katanga Business Meeting 2026, les échanges tournent principalement autour des investissements, de l’industrialisation et des perspectives de croissance économique. Pourtant, parmi les nombreux stands dédiés aux opportunités d’affaires, un message d’une autre nature retient l’attention. Celui du Fonds National de Réparation des Victimes des Violences Sexuelles liées aux Conflits et des Victimes des Crimes contre la Paix et la Sécurité de l’Humanité (FONAREV), venu rappeler que le développement d’un pays ne se mesure pas uniquement à ses performances économiques.

À travers sa participation à cette grande rencontre économique, le FONAREV a choisi de mettre en lumière le sort des milliers de Congolais touchés par les violences liées aux conflits armés. Derrière les statistiques économiques et les ambitions de croissance se trouvent des hommes, des femmes et des familles qui continuent de porter les séquelles de la guerre et des atteintes graves aux droits humains.

Pour renforcer cette sensibilisation, l’institution a organisé un side event à l’hôtel Cloud 9 réunissant représentants des entreprises minières, opérateurs économiques et autorités publiques. L’objectif était de présenter les mécanismes de réparation mis en place en République démocratique du Congo et d’encourager une implication accrue des acteurs économiques dans cet effort national.

Au cours de cette rencontre, les responsables du FONAREV ont rappelé que leur mandat consiste à recenser les victimes, favoriser leur accès à la justice et mettre en œuvre des programmes destinés à réparer les préjudices subis. Ces interventions concernent aussi bien l’accompagnement individuel que les projets collectifs visant à reconstruire le tissu social dans les zones affectées.

Le fonds a également présenté quelques résultats de son action. Selon les données communiquées, plus de 1,2 million de victimes sont enregistrées à travers le pays. Plusieurs structures de prise en charge ont été déployées dans les régions touchées par les conflits, les sites de déplacés et les camps de réfugiés. Plus de 244 000 personnes ont déjà bénéficié d’une assistance couvrant notamment les soins médicaux, le soutien psychologique et les mesures de réinsertion socio-économique.

Les intervenants ont par ailleurs souligné l’importance de la part de la redevance minière allouée au FONAREV, ressource qui permet de financer une partie importante des programmes de réparation. Dans une province fortement portée par l’activité minière comme le Lualaba, cette contribution illustre le lien entre l’exploitation des ressources naturelles et les efforts de solidarité envers les populations les plus vulnérables.

À travers cette démarche, le FONAREV souhaite faire émerger une prise de conscience plus large sur la nécessité d’associer la justice réparatrice aux dynamiques de développement. Pour l’institution, les investissements et la croissance économique doivent également contribuer à restaurer la dignité des victimes et à consolider la paix au sein des communautés.

La séance s’est achevée par la diffusion de supports audiovisuels retraçant les réalités vécues par les victimes des conflits. Des témoignages marquants qui ont rappelé aux participants que derrière les indicateurs économiques se cachent des parcours de vie souvent bouleversés, mais aussi des espoirs de reconstruction et de résilience.

Par sa présence au KBM 2026, le FONAREV a ainsi porté un plaidoyer clair : bâtir l’avenir de la RDC implique non seulement de créer de la richesse, mais également de réparer les blessures laissées par les conflits et de redonner aux victimes la place qui leur revient dans la société.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page