Kolwezi : la journée « ville morte » peu suivie, les activités ont tourné au ralenti.

Les appels lancés par l’autorité urbaine invitant la population de Kolwezi à vaquer librement à ses occupations ont été largement entendus ce mercredi 3 juin, journée déclarée « ville morte » par l’opposition congolaise. Malgré un démarrage timide de la matinée, plusieurs activités ont finalement repris dans différents quartiers de la ville. Reportage de Pascal Baylon.
Comme dans plusieurs villes du pays, la journée a débuté sous le signe du salongo. En matinée, de nombreuses boutiques sont restées fermées avant d’ouvrir progressivement leurs portes aux alentours de 10 heures.
À 11 heures passées, à l’arrêt Pax, la circulation restait relativement faible, même si les commerces étaient déjà ouverts. De l’arrêt Pax jusqu’au Terminus, en passant par l’avenue du Manguier, les activités se déroulaient néanmoins normalement.

Patrick, conducteur de moto-taxi rencontré sur place, affirme que le principal problème de la journée était l’absence de clients.
« Nous travaillons bien lorsque les gens viennent en ville pour effectuer leurs achats. Aujourd’hui, malgré l’ouverture des boutiques, il n’y a pas assez de monde. Il est déjà midi, mais les clients ne sont pas nombreux. Beaucoup ont peur et même plusieurs motards ont préféré ne pas travailler », explique-t-il.
Sur l’axe reliant Pax au rond-point Kanina, la circulation est restée inhabituellement faible. Habituellement très fréquenté aux heures de pointe, ce tronçon n’a connu que peu de mouvements de véhicules.
En revanche, sur l’avenue des Églises prolongée vers le quartier Cinq Ans, les activités se sont déroulées presque normalement. Les petits commerces étaient ouverts et plusieurs habitants vaquaient librement à leurs occupations.
Pour certains commerçants, les impératifs du quotidien ont primé sur le mot d’ordre de l’opposition.
« La ville morte, c’est leur affaire. J’ai ouvert ma boutique pour gagner de l’argent. Ma femme et mes enfants doivent manger. Si je ferme, qui va les nourrir ? Leur problème est à Kinshasa, pas ici. Voilà pourquoi je travaille aujourd’hui », témoigne un commerçant.
À Kolwezi, la population semblait partagée entre la prudence, la crainte d’éventuels incidents et le respect des consignes des autorités locales. Dans l’ensemble, le mot d’ordre de « ville morte » n’a été que partiellement suivi, particulièrement dans le centre commercial où de nombreux opérateurs économiques ont maintenu leurs activités.
Dans le secteur de l’éducation, la situation a varié d’un établissement à l’autre. Si certains parents ont préféré garder leurs enfants à la maison, plusieurs écoles ont enregistré la présence des élèves, notamment en raison de la période des examens en cours.
Malgré une affluence réduite dans plusieurs endroits de la ville, Kolwezi n’a donc pas totalement observé la journée « ville morte », les activités économiques et sociales ayant continué dans une bonne partie de la cité.




