SOCIETE
A la Une

RDC : la Banque Centrale maintient son taux directeur à 12,5 % et annonce un dégel partiel des réserves obligatoires.

Réuni dans la capitale mondiale du cobalt, le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque Centrale du Congo (BCC) a décidé de maintenir son taux directeur à 12,5 % et celui de la facilité de prêt marginal à 16,5 %. Présidée par le Gouverneur André Wameso Nkaloloki, cette quatrième réunion ordinaire de l’année 2026 a également débouché sur une décision de dégel partiel des réserves obligatoires, dans un contexte marqué par une accélération de l’inflation et des perspectives économiques globalement favorables.

La BCC maintient ses principaux taux d’intérêt

C’est depuis Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba, que la Banque Centrale du Congo a rendu publiques, jeudi 8 octobre 2026, les conclusions de sa quatrième réunion ordinaire du Comité de politique monétaire.

Au terme des travaux, l’institution d’émission a opté pour le maintien de ses principaux instruments de politique monétaire, tout en introduisant certaines mesures destinées à agir sur les conditions de liquidité du système bancaire.

Le taux directeur reste ainsi fixé à 12,5 %, tandis que le taux applicable à la facilité de prêt marginal demeure à 16,5 %.

Le Comité a également décidé de reconduire les coefficients des réserves obligatoires à 10,5 % pour les dépôts à vue et à 0 % pour les dépôts à terme en monnaie nationale. Pour les dépôts en devises, ces coefficients restent respectivement fixés à 11,5 % et 10,5 %.

Deux autres décisions ont été annoncées : la rémunération à hauteur de 0,5 % des réserves obligatoires constituées sur les dépôts en monnaie nationale et le dégel d’une partie des réserves obligatoires cristallisées.

Ces orientations traduisent la volonté de la BCC de préserver la stabilité monétaire tout en ajustant ses instruments aux évolutions de la conjoncture économique.

L’inflation accélère malgré une croissance économique favorable

Sur le plan national, la Banque Centrale prévoit une croissance du produit intérieur brut réel de 5,4 % en 2026, contre 5,7 % enregistrés en 2025.

Cette légère décélération intervient dans un contexte où les secteurs autres que les mines contribuent progressivement davantage à la création des richesses.

Pour la BCC, cette évolution témoigne d’une tendance à la diversification de l’économie congolaise, traditionnellement dépendante de l’exploitation et de l’exportation des ressources minières.

Cependant, la situation demeure plus préoccupante sur le front des prix.

L’inflation cumulée est passée de 4,83 % à fin juin à 7,25 % à fin septembre 2026.

Cette accélération s’explique notamment par la hausse des prix des produits alimentaires sur les marchés internationaux, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, ainsi que les conséquences de l’insécurité dans l’Est de la RDC et de l’épidémie de la maladie à virus Ebola.

Malgré ces pressions, la Banque Centrale estime que l’évolution générale des prix reste globalement maîtrisée.

Le franc congolais relativement stable face au dollar

Concernant le marché des changes, la BCC fait état d’une situation globalement sous contrôle.

Au 30 septembre 2026, le taux de change s’établissait à 2 267,80 francs congolais pour un dollar américain sur le marché interbancaire, contre 2 325,56 francs sur le marché parallèle.

Comparativement à fin juin, le franc congolais a enregistré une dépréciation de 1,05 % sur le marché interbancaire, tandis qu’il s’est apprécié de 0,13 % sur le marché parallèle.

Par ailleurs, les réserves internationales de la RDC ont atteint 7,8 milliards de dollars au 29 septembre 2026, soit l’équivalent de 2,96 mois d’importations de biens et services.

Un niveau que la Banque Centrale considère comme le reflet d’une position extérieure relativement favorable.

Des perspectives économiques encourageantes pour 2027

Selon les projections de la BCC, l’inflation devrait atteindre 8,9 % à fin décembre 2026 avant de ralentir à 6,4 % en 2027.

Quant au taux de change, il devrait se situer autour de 2 270 francs congolais pour un dollar américain à la fin de l’année 2026, puis à 2 294,20 francs à fin 2027.

Ces prévisions reposent notamment sur la poursuite des efforts de stabilisation du cadre macroéconomique.

Toutefois, plusieurs facteurs pourraient compromettre ces perspectives.

La Banque Centrale cite notamment les risques liés à une éventuelle aggravation du conflit au Moyen-Orient, à la volatilité des cours des matières premières, à la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays ainsi qu’à l’évolution de la situation sanitaire.

Face à ces incertitudes, l’institution assure qu’elle continuera de surveiller les principaux indicateurs économiques et se réserve la possibilité d’activer ses instruments de politique monétaire et de change en cas de nécessité.

Kolwezi au cœur des décisions monétaires nationales

La tenue de cette réunion à Kolwezi revêt une importance particulière pour le Lualaba, province qui occupe une place stratégique dans l’industrie minière congolaise, notamment grâce à la production de cuivre et de cobalt.

Dans cette région où les activités minières et les transactions en devises jouent un rôle majeur, les orientations de la Banque Centrale présentent un intérêt direct pour les banques commerciales, les entreprises et les opérateurs économiques.

Le dégel partiel des réserves obligatoires constitue notamment une décision dont les effets sur la liquidité bancaire et le financement de l’économie mériteront d’être suivis.

Le communiqué ne précise toutefois ni le montant des réserves concernées ni les modalités de leur libération.

La prochaine réunion du Comité de politique monétaire est prévue le 12 janvier 2027 à Kinshasa. Elle permettra notamment d’évaluer l’évolution des principaux indicateurs économiques et les effets des décisions annoncées à Kolwezi.

Par Olivier KAYUMBA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page